Lutter contre le gaspillage alimentaire : faire pression sans punir

gaspillage alimentaire au Japon
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Chaque année, les Japonais jettent en moyenne 51 kg de nourriture par habitant (contre 29 kg en France). Le gouvernement japonais est décidé à lutter contre le gaspillage alimentaire. Le pays veut rattraper le retard dans ce domaine en adoptant une loi anti-gaspillage tout en évitant de pénaliser les entreprises ou les distributeurs contrevenants.

En effet, le pouvoir public veut inciter les acteurs économiques à changer de pratique commerciale et d’optimiser le supply chain. Pour ce faire, la nouvelle loi votée en mai et qui entrera en vigueur cet automne engage l’Etat, les pouvoirs régionaux, les entreprises et les consommateurs à coopérer pour réduire ensemble la quantité de nourritures jetées et sensibiliser l’ensemble de l’opinion à ce sujet.  Le ton est donné : la liberté d’action est donnée à chacun des acteurs engagés dans un effort collectif.

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Le gouvernement ABE veut inclure la richesse crée par l’économie de partage dans le calcul du PIB

credit Daiwa Bank

Le cabinet ABE a estimé que chaque année près de 100 milliards JPY (800 millions EUR) échapperaient au calcul du PIB du Japon.

En cause, la méthode actuelle du calcul du PIB ne tient pas compte de toutes les richesses crées par l’économie de partage. En effet, elle incorpore les bénéfices crées par les entreprises ou les opérateurs du marché ( c’est-à-dire les frais encaissés par les intermédiaires) mais ne comptabilise pas ceux générés par les particuliers. Dès 2020 et dans le cas des locations meublées par exemple, le gouvernement veut comptabiliser les gains de tous les propriétaires ayant perçu une rémunération en échange de la location de leur bien après déduction des frais d’entretien.

 Selon une première estimation, le PIB japonais augmentera ainsi de 80 à 100 milliards JPY (de 640 à 800 millions EUR) . Depuis la réforme des lois sur les locations meublées entrée en vigueur en 2018, la collecte des informations sur les propriétaires des biens est centralisée ce qui facilite donc la traçabilité de toutes les transactions.

Le cabinet ABE évalue le marché nippon de l’économie de partage entre 630 et 670 milliards JPY (entre 5 et 5.4 milliards EUR) avec une croissance annuelle fulgurante de 50%. La vente des objets entre particuliers est le principal moteur de cette croissance.

Or, s’agissant des objets d’occasions, le PIB actuel ne comptabilise pas les richesses crées lors d’une transaction entre particulier puisque les objets déjà produits ne font que changer de mains. C’est précisément cet aspect là que le gouvernement tente de critiquer et de démontrer que la méthode actuelle de calcul du PIB ne reflète pas fidèlement la production de richesses dans le pays.

 Selon l’institut de recherches Nomura, le marché des plateformes digitales,toute activité confondue, représente 42 000 milliards JPY (336 milliards EUR) soit près de 8% du PIB. Le cabinet ABE a décidé de publier régulièrement un tableau de bord de l’ensemble des indices économiques afin de tenter de mesurer objectivement le bonheurs des citoyens et des richesses qui ne sont pas exprimées par le seul PIB.

NIKKEI 22/08/2019    (source 民泊など個人シェア経済GDPに算入へ、内閣府)

Une transition numérique laborieuse dans la distribution B2B : le cas de Kao

Pakutaso

Si le rattrapage japonais en matière de transition numérique dans la distribution s’est accéléré au cours des dernières années, il existe encore de nombreux chantiers notamment en B2B où l’usage de FAX comme support de communication est largement répandu auprès des PME nippones.

 Les difficultés du groupe Kao , un des leaders de l’industrie cosmétique japonaise qui emploie 30 000 employés dans le monde et génère un chiffre d’affaires de 1580 milliards JPY (12.6 milliards EUR) en 2019, offrent un contraste saisissant entre d’un côté  la part de marché détenue (numéro un des produits d’hygiène au Japon) et  de l’autre, le retard technologique en matière de distribution. Ce cas est représentatif des difficultés partagées par la plupart des entreprises et explique en partie la lenteur du virage numérique dans ce pays.

   Le FAX un outil de prédilection des PME japonaises.

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